L’Inde face au COVID-19 : l’équipe Kynarou nous raconte la crise 4/4

Depuis un an, la pandémie du COVID-19 sévit sur tous les continents, elle a entrainé plus de deux millions de décès à travers le monde. En janvier 2021, l’Inde comptabilisait plus de 153 000 décès et plus de 10 millions de personnes contaminées.

Dans cette série de quatre interviews, nous vous proposons un autre regard sur la crise, celui de notre équipe terrain basée à Pondichéry.

 

L’interview de Arumugam (4/4)

Directeur de CSD (Center for Sustainable Development), partenaire local de Kynarou.

 

Depuis le début de la crise du COVID-19, quelle est la situation en Inde ?

L’Inde traverse la pire période que le pays ait connu depuis longtemps. Il suffit d’observer ce qu’il se passe en ce moment en Inde et dans le monde pour comprendre la gravité de la situation. Nous nous sentons impuissants et nous essayons, à notre niveau, de limiter la propagation du virus.

 

Comment s’est déroulée la situation sur le terrain lorsque la crise a débutée en mars 2020 ?

Les ONG des différents secteurs ont dû s’adapter car l’urgence les a contraintes à se conformer aux instructions du gouvernement sur le terrain. Cette situation les a rendues hésitantes à étendre les zones géographiques d’intervention. La situation s’apparente à un contexte de guerre, dont l’ennemi est un virus invisible.

 

Comment se sont passés le confinement et la crise du côté des bénéficiaires ? Où en est-on actuellement ?

Les populations des villages étaient sous le choc et sans voix face à la gravité de l’épidémie qui a brutalement emporté des milliers de vies humaines. Ils doivent lutter pour survivre, ils sont très inquiets pour leur avenir.

 

Qu’est-ce qui a changé dans votre travail avec la crise sanitaire ?

La promotion de l’hygiène et l’assainissement faisait déjà partie de nos projets avant la crise. C’est un axe que nous poursuivons dans nos projets actuels. Nous avons choisi de revoir notre stratégie pour garantir des conditions environnementales sûres et l’utilisation des ressources locales.

 

Pouvez-vous nous dire brièvement quels sont les projets qui vont commencer sur le terrain ?

Nous allons poursuivre nos activités d’accès à l’assainissement, en intégrant une nouvelle dimension : la construction de toilettes EcoSan, système qui permet de réutiliser les fèces et les urines comme engrais dans l’agriculture biologique.

 

Quels sont les besoins concrets et réels des populations des villages ?

Comme dans les situations d’urgence ou de catastrophes naturelles, la gestion de la crise doit se dérouler en plusieurs phases : secours, réhabilitation et développement. Nous devons adopter une approche intégrée et holistique, priorisant les moyens de subsistance, l’accès à l’eau et à l’assainissement.

 

Quel est l’état des lieux eau et assainissement après cette crise ? Comment le secteur a-t-il été impacté ?

Les catastrophes sont souvent nécessaires pour mettre en évidence la nécessité d’agir. Malgré les alertes sur les risques représentés par le manque d’accès à l’eau, l’hygiène et l’assainissement, la gravité de la situation n’a été soulignée qu’après la crise. Le gouvernement agit pour l’accès à l’assainissement familial et pour la mise en pratique des mesures d’hygiène. Mais ses efforts ne sont pas suffisants, notamment en ce qui concerne l’accès à l’hygiène menstruelle. Nous devons poursuivre notre travail et agir là où le gouvernement n’intervient pas.

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