L’Inde face au COVID-19 : l’équipe Kynarou nous raconte la crise 2/4

Depuis un an, la pandémie du COVID-19 sévit sur tous les continents, elle a entrainé plus de deux millions de décès à travers le monde. En janvier 2021, l’Inde comptabilisait plus de 153 000 décès et plus de 10 millions de personnes contaminées.

Dans cette série de quatre interviews, nous vous proposons un autre regard sur la crise, celui de notre équipe terrain basée à Pondichéry.

 

L’interview de Radja (2/4)

Directeur de Kynarou en Inde.

 

Comment s’est déroulé le confinement de mars 2020 en Inde ?

La situation a été très difficile, nous avons eu 60 jours de confinement total, les entreprises, usines et autres organisations ont dû stopper leurs activités. Les travailleurs non qualifiés ont perdu leur travail et ont été contraints de quitter les villes pour rentrer dans leurs villages d’origine. Les transports publics étant à l’arrêt, la majorité des travailleurs sont retournés vers les campagnes à pieds, car le gouvernement n’a pas pu assurer un service de transport pour tous. Ces personnes restées sans emploi n’ont pas touché leurs salaires (ni aucune aide de l’Etat) pendant des mois, entrainant une grande précarité au sein de la population qui doit lutter au quotidien pour se nourrir et survivre.

 

Comment s’est déroulée la situation sur le terrain lorsque la crise a débutée en mars 2020 ?

Nos activités ont été interrompues pendant trois mois, selon les directives et les restrictions gouvernementales. Il nous a fallu deux mois pour remettre toutes les activités en place, les habitants de nos villages d’intervention n’étaient pas préparés à cette crise et ne disposaient pas des connaissances nécessaires pour y faire face. Avec l’arrêt de nos activités, nos salariés en charge des constructions sur le terrain ont perdu leur emploi.

 

Comment se sont passés le confinement et la crise du côté des bénéficiaires ? Où en est-on actuellement ?

Comme nous ne pouvions pas nous déplacer sur le terrain, nous n’avons pas pu réaliser de sensibilisation spécifique sur le COVID-19. Les habitants des villages n’avaient aucune connaissance sur les symptômes et les moyens d’éviter la propagation du virus. La majorité de nos bénéficiaires exercent des emplois peu qualifiés, ils ont perdu leur travail avec le confinement et n’ont pas pu exercer leur activité pendant plus de 90 jours. Depuis la fin du confinement, les activités reprennent progressivement, les bénéficiaires retrouvent peu à peu des emplois. La situation reste malgré tout difficile, il faudra plusieurs mois pour que la situation se stabilise et que les travailleurs retrouvent une activité régulière.

 

Qu’est-ce qui a changé dans votre travail avec la crise sanitaire ?

Lorsque le gouvernement indien a annoncé le confinement, notre équipe au complet a été mise en télétravail. La période a été difficile pour les salariés qui étaient très inquiets quant au maintien de leur emploi, il a fallu les rassurer et les remotiver. Durant cette période, j’ai également réalisé un suivi de la situation en Inde, afin de faire remonter régulièrement toutes les informations au siège en France et d’élaborer une nouvelle stratégie d’action. Nous avons dû revoir notre façon de travailler et nos activités afin de répondre au mieux à la crise sanitaire. Un important travail de recherche a été réalisé afin d’apporter des solutions rapides et concrètes à la crise sanitaire : planification de programmes d’urgence, distribution des denrées alimentaires, sélection des personnes dans le besoin.

 

Pouvez-vous nous dire brièvement quels sont les projets qui vont commencer sur le terrain ?

Nous avons décidé de renforcer nos actions de sensibilisation en y ajoutant un volet spécial prévention COVID-19 (lavage de mains, port du masque, habitudes alimentaires, etc). Ces activités ont débuté dès la fin du confinement et se poursuivrons tout au long des prochains mois. Nous avons également distribué des kits d’hygiène et des denrées alimentaires. Les sessions de sensibilisation insisterons davantage sur la santé et l’hygiène (lavage de mains et hygiène personnelle), ainsi que l’importance de l’utilisation d’une eau saine et des bonnes pratiques d’assainissement.

 

Quels sont les besoins concrets et réels des populations des villages ?

L’alimentation étant l’un des besoins fondamentaux de tout être humain, nous devons nous assurer que les bénéficiaires puissent se nourrir en leur trouvant des sources alternatives de revenus. En parallèle, nous devons insister sur l’importance de respecter les pratiques de santé et d’hygiène afin qu’ils se protègent contre le COVID-19. Le lavage de main étant l’un des moyens les plus efficaces pour lutter contre sa propagation, les villageois ont plus jamais besoin d’un accès quotidien à une en qualité et en quantité suffisantes.

 

Quel est l’état des lieux eau et assainissement après cette crise ? Comment le secteur a-t-il été impacté ?

Comme nous l’avons dit précédemment, l’accès aux infrastructures WASH et à l’hygiène ont joué un rôle majeur dans la gestion de la crise. La sensibilisation a été très utile et commence à porter ces fruits car les bénéficiaires ont très bien assimilé les recommandations. Les populations ont compris l’importance d’utiliser les infrastructures mises à leur disposition (toilettes et eau potable) et d’appliquer les mesures d’hygiène de base (nettoyage des maisons, hygiène corporelle, lavage de main). Les bénéficiaires de tous âges mesurent à présent l’importance et l’impact des différentes composantes des projets Kynarou (eau, assainissement, hygiène et gestion des déchets).

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